Historique

L'histoire du NStCM, au fil du temps

Le 12 juillet 1916 est mise en service une nouvelle ligne de chemin de fer entre Nyon et St-Cergue. C'est le début d'une longue aventure pour le NStCM (Nyon - St Cergue - Morez). En un siècle, la longueur de la ligne a évolué enflant ou diminuant au gré de l'histoire ferroviaire. Désormais, elle chemine sur près de 27 kilomètres et marque 19 arrêts tout au long du parcours. Véritable trait d'union entre le bas et le haut du district, elle relie les bords du Léman depuis la gare de Nyon jusqu'à La Cure, à la frontière française.

La ligne de chemin de fer à voie métrique de Nyon à La Cure (frontière suisse) est le fruit d'un concours de circonstances qu'il convient de développer:

RAPPROCHER LES POPULATIONS

Alors que le réseau ferroviaire principal est construit ou ébauché, les gros bourgs du pied du Jura vaudois, en particulier Trélex, Begnins, Gimel, Bière, Apples, L'Isles, etc. constatent que leur éloignement relatif de la ligne de chemin de fer Genève - Lausanne nuit à leur développement. Des comités locaux, visant à la promotion d'une ligne de chemin de fer dite "pied du Jura" devant relier Genève à La Sarraz, voire Yverdon, se mettent en place.

Les projets fleurissent dans la région

Très rapidement, la justification économique d'une telle ligne s'avérant aléatoire, ce projet fut abandonné au profit de courtes liaisons radiales, destinées à mettre en communication ferroviaire les localités du pied du Jura et certaines gares de la ligne principale. C'est ainsi qu'entre 1890 et le début du XXe siècle, les chemins de fer Nyon - Crassier - Divonne, Gland - Begnins, Rolle - Gimel, Allaman - Aubonne - Gimel et Bière - Morges, ainsi qu'une antenne de Apples à L'Isle, sont construits. Dans la région nyonnaise, un citoyen français propose la construction d'un chemin de fer à écartement réduit (60 ou 80 cm) en accotement routier. Ce projet, n'a pas entraîné l'adhésion des communes intéressées et fut abandonné en 1900.

SUR LA BONNE VOIE...

Le 30 septembre 1898, un nouveau projet, soutenu par un comité d'initiative nettement plus représentatif, fit l'objet d'une demande de concession fédérale. Il prévoyait la construction d'un chemin de fer à voie métrique de Nyon à Gimel, avec une extension facultative vers St-Cergue et la frontière française. Très rapidement, il s'avéra que la desserte de Gimel, déjà assurée par les lignes de tramways vers Rolle et Allaman, ne nécessitait pas une troisième liaison ferroviaire.

La naissance d’une ligne internationale

Le 11 novembre 1912, la concession pour une ligne de chemin de fer à voie métrique de Nyon à la frontière française fut finalement accordée. Les travaux de construction, débutant immédiatement, furent retardés par la Première Guerre mondiale. Le 6 avril 1913, la déclaration d'utilité publique de la ligne Morez à La Cure (frontière suisse) fut signée par le Président de la République française, Raymond Poincaré. Le 12 juillet 1916, le tronçon de Nyon à St-Cergue est livré à l'exploitation. Le prolongement de St-Cergue à La Cure est ouvert à la circulation le 18 août 1917. Ce n'est que le 7 mars 1921 que la prolongation de La Cure à Morez, sur territoire français, pourra être inaugurée.

Entre 1921 et 1958, la ligne internationale de Nyon - Morez sera exploitée par deux sociétés: l'une Suisse, la Compagnie du Chemin de fer Nyon - St-Cergue - Morez et l'autre française, les Chemins de fer électriques du Jura (CFEJ) bientôt rachetés par le département du Jura qui créera une Régie départementale des transports. En 1958, l'exploitation ferroviaire sera supprimée sur le tronçon français et remplacée par un service de bus.

POUR GARDER LA LIGNE

Considérant le vieillissement important du matériel roulant, des infrastructures et des installations, le NStCM présentera en 1963 une demande d'aide financière pour la rénovation de ses infrastructures et de son matériel. Cette requête, au demeurant très raisonnable, provoquera un processus incontrôlé d'études visant à la suppression du chemin de fer et à son remplacement par un service routier.

Le matériel roulant s’offre une nouvelle jeunesse

Pas moins de huit commissions se succéderont durant près de 20 ans et ce n'est que le 7 juillet 1982 que le Conseil fédéral, décidant du maintien du chemin de fer, autorisera sa modernisation intégrale et accordera des crédits de rénovation technique importants, dans le cadre de la législation fédérale sur les chemins de fer.

Le NStCM était alors moribond. De trop longues années d'incertitude n'avaient pas permis un simple entretien normal des installations. Le matériel roulant accusait durement ses 65 ans d'existence et les installations étaient à la limite de la vétusté absolue. Entre 1982 et 1988, les travaux entrepris ressembleront plus à une reconstruction intégrale qu'à une rénovation technique.

Terminus, tout le monde descend

Au début des années 2000, de grandes perspectives s'ouvrent à la compagnie. En effet, après de nombreuses et longues études, les travaux de la nouvelle entrée du chemin de fer NStCM en gare de Nyon ont pu débuter en automne 2002. Les travaux se sont achevés fin juin 2004 et la nouvelle gare souterraine est en service depuis le 4 juillet 2004.

Aujourd'hui le chemin de fer NStCM poursuit son développement avec des projets d'envergure.

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